We Fight For Freedom©

Interrogations digestives

Il est environ 14 heures et je finis de manger mon sandwich acheté à un prix abusif dans une grande franchise américaine. Je fais face à une rue passante dans une grande ville de France. Et devant moi défile sans cesse le même type de personnes, par petit groupe de 2 ou 3. Uniquement des hommes, portant un costume noir Hugo Boss avec une chemise blanche Dior ou bleu Ralph Lauren. Souvent ils tiennent une cigarette américaine entre leurs doigts et arborent fièrement leurs lunettes Ray Ban à monture noire. Ces gens-là ont tous un point commun au delà de leur style: ils sourient. Ils arborent tous ce même sourire cynique sur leur visage finement rasé. Mais quelle est donc la source de ce bonheur indéfectible et communautaire? Je ne cesse de me poser la question tout en essuyant mes doigts pleins de sauce…

Serait-ce le sans-abris assis devant eux leur réclamant une pièce pour manger qu’ils font mine de ne pas avoir vu?
Serait-ce cet ouvrier en toile bleue qui court, son jambon-beurre à la main, afin de retourner bosser sans être en retard?
Serait-ce la satisfaction d’avoir une fois de plus mangé gratuitement en rangeant la note de frais tout juste imprimée dans leur porte-carte?
Serait-ce la joie d’appartenir à cette minorité qui nous domine tous?


Je n’arrive pas à me décider et je ressasse les possibilités dans ma tête. Car je ne comprends pas ces financiers (oui c’est bien d’eux que je parle, j’espère que vous l’aurez deviné). Les financiers sont heureux par nature le midi. Jamais vous ne les verrez parader avec une tête soucieuse. Ou très rarement, comme en 2008 lorsqu’ils sortaient du siège de Lehman Brothers avec leur carton rempli dans leur bras. Mais c’est une autre histoire…

Non en général, ils sourient et se tapent sur l’épaule en se lançant de bonnes blagues qui ne font rire qu’eux. Mais pourquoi? Sont-ils conscients que leur travail quotidien va contribuer à l’effondrement de notre société? Sont-ils seulement intéressés par l’avenir de leurs semblables (si toutefois ils nous considèrent comme leurs semblables)? Chez les financiers, l’égoïsme fait office de loi. Et la remise en question est un tabou qu’il ne faut enfreindre. Aime-moi ou dégage de mon chemin. Voilà le fond de leur pensée. Les financiers sont enfermés dans leur bulle auto-congratulatrice.

Alors en rangeant mon plateau, je me demande finalement pourquoi personne ne s’est encore donné la peine de leur enlever ce sourire narquois. Mais la réponse est malheureusement vite trouvée cette fois…

 

2 Réponses

  1. Lulu007

    Avant toute chose: De l’ignorance naît la haine.
    Pourquoi stigmatiser une communauté que vous ne connaissez apparemment pas ?
    Pourquoi d’une minorité visible faîtes-vous une généralité ?

    Et si c’est d’eux que venait la rédemption (très connoté, j’en conviens, mais dès qu’on parle de ce genre de sujet, il est difficile ne pas se faire rattraper par nos vieux fantômes) ?
    Si notre société décadente renaissait de ses cendres suite à la chute qu’elle aura elle-même précipité ?

    Ne seraient-ils pas alors nos nouveaux héros malgré eux ?

    Quelques petites divagations digestives.

    Cordialement.

    9 août 2012 à 12 h 57 min

    • Pardonnez la mise en ligne tardive de votre commentaire. Les vacances ont perturbé la rédaction !
      Merci pour votre contribution Lulu007.

      11 septembre 2012 à 12 h 26 min

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s